Stage avec M Kawabe, 9ème épisode : le pin de Jean-François

Nous poursuivons le compte-rendu du stage avec un pin sylvestre, un arbre très original mais très difficile à photographier.

On ne voit pas très bien sur ces photos mais mais il a 3 troncs très mouvementés.

d’un peu plus près :

Une fois l’analyse terminée, M Kawabe a donné des conseils au propriétaire de l’arbre pour ligaturer afin de mettre en place les principales branches.

A chaque fois, il conseille ne ne pas poser trop de fil d’abord pour économiser mais surtout pour ne pas trop fatiguer l’arbre.

La mise en forme du feuillage doit se faire par la taille.

Sur les photos, on voit bien sur M Kawabe travailler mais il ne fait aucun geste sur un arbre sans demander son avis au propriétaire qu’il implique systématiquement dans le travail.

Il ne faut pas hésiter à utiliser des cales ou des haubans pour mettre en place les branches.

Pour parfaire la mise en forme, une greffe a été nécessaire. Elle est réalisée à partir d’une branche de l’arbre qui est découpée sur 1 ou 2 cm des 2 côtés :

On voit bien sur cette photo la taille à 45° du port-greffe :

Le geste pour glisser la branchette dans l’entaille est très rapide.

La greffe doit être très fortement maintenue par du raphia synthétique qui est plus solide que le raphia naturel, il ne faut d’ailleurs pas hésiter à le changer

Le mastic est indispensable pour éviter que les cambiums ne sèchent.

Stage avec M Kawabe, 8ème épisode : un genévrier

Cet épisode va être consacré à un gros genévrier comme ceux que l’on trouve dans les jardins.

Le feuillage n’est pas idéal c’est pourquoi le propriétaire avait ramené 4 petits plants de genévrier type itoigawa ou kyushu dans le but de les greffer.

Lors de l’analyse de l’arbre M Kawabe propose d’effectuer 3 greffes : 2 horizontales qui formeront des branches et 1 verticale qui formera le future tête.

Mais avant, il fallait donner un peu de mouvement à la branche principale sur laquelle les greffes vont être placées.

Pour protéger l’écorce, M Kawabe positionne d’abord quelques brins de raphia parallèlement au tronc.

Ensuite il emmaillote les premiers brins et la branche.

Une vis est fixée dans la branche pour tenir le hauban.

Pour éviter que cette vis ne bouge, M Kawabe entoure sa base avec un peu de raphia.

La tête est amenée en position à l’aide d’un ridoir, puis maintenue avec un hauban.

M Kawabe écoute le son de la branche pour vérifier qu’elle n’est pas abimée.

Avant de greffer, il est important d’affuter le couteau, avec une pierre sous un filet d’eau.

L’écorce du greffon est coupée sur les 2 côtés ainsi que le doigt de M Kawabe 🙂

puis le porte-greffe est entaillé à 45°

Le greffon est glissé dans le porte-greffe et maintenu en place par du raphia synthétique. Les cambiums ont ainsi 8 points de contact.

Il faut voir la veine vivante dessus donc la greffe est placée au dessus de la branche.

Il est important de mastiquer pour éviter le déssechement.

       

Chaque pot contenant les greffons doit être bien fixé à l’arbre pour ne pas bouger.

Les greffes doivent recevoir beaucoup de lumière.

Dans 6 mois, il faudra commencer à affaiblir les racines du greffon puis petit à petit affiner son tronc par moitié. Si l’arbre ne donne pas de signes de faiblesse, attendre 10 jours puis continuer à affiner l’arrivée des racines par moitié etc.

Joyeux Noël

J’espère que Paulo me pardonnera d’utiliser à des fins « christmastiques » le juniperus qu’il a travaillé au stage avec M Kawabe.

mais il s’y prête bien .. non ?

L’arbre était déjà bien formé et les conseils ont surtout porté sur les shari et sur le feuillage qu’il fallait nettoyer, éclaircir et re-ligaturer.

Paulo est très concentré !

On peut apercevoir les fins haubans qu’il a posé pour abaisser certaines branches.

Stage avec M Kawabe, 6ème épisode : un gros pin sylvestre

Ce pin sylvestre a été prélevé il y a 10 ans. Il ne respecte aucun des critères esthétiques classiques mais il est beau.

Comme il est en pleine forme, il va pouvoir « subir » de gros travaux.

Son propriétaire le nourrit essentiellement avec de l’engrais osmocote à libération lente.

Lorsque M Kawabe veut travailler un tel arbre en hiver, il lui donne très peu d’eau avant les travaux mais bien sur sans le laisser sécher ! Et après le travail, il l’arrose abondemment et lui donne du glucose. Des poches de perfusion sont diluées dans de l’eau mais en France, en pharmacie, on trouve facilement des sachets de 50g de glucose anhydride qu’il faut diluer à raison de 2g par litre d’eau.

Une fois que la face de l’arbre a été déterminée, il a fallut enlever certaines branches inutiles.

Pour redresser la tête, M Kawabe a conseillé à François de placer un fer à béton le long du tronc avec une cale en bois intercalée entre le fer et l’écorce.

Un hauban placé entre la tête et le fer à béton permettra de tenir la tête dans la position voulue.

Cet arbre nous a donné l’occasion de faire le point sur la taille des pins :  M Kawabe conseille de ne pas désaiguiller les pins et de pratiquer une taille complète des chandelles lorsque celles-ci ont fini de pousser c’est à dire à la fin du printemps. On ne laisse que deux ou trois aiguilles à la base de la chandelle, cela favorise alors un fort bourgeonnement arrière. Il faut bien sur que l’arbre soit en bonne santé et qu’il ait été bien nourri.

     

Voici l’arbre tel qu’il était lorsque je suis partie le dimanche soir, je n’ai malheureusement pas pu assister aux dernières retouches.

Stage avec M Kawabe, 5ème épisode : un 1er pin

Nous commençons la série des pins avec un lettré amené par Dominique. Il s’agit d’un arbre acheté chez un professionnel du bonsaï.

Après l’analyse des racines…

…jusqu’au sommet

M Kawabe a coupé quelques branches

puis il a demandé au propriétaire de ligaturer l’arbre pour le mettre en forme. Le but est de ramener la tête vers la gauche en créant une rupture.

Ce pin lettré a été l’occasion d’une petite discussion interessante : nous avons demandé à M Kawabe si, selon les règles japonaises, il était possible de laisser des jin sur un lettré.

Pour lui, il ne s’agit pas d’avoir tort ou raison si on laisse un jin, il s’agit de faire un choix personnel et puisqu’on en voit dans la nature, ce n’est pas interdit !

Il s’est appuyé sur ce jin avec une cale pour écarter l’arbre du jin.

Ces photos sont aussi l’occasion de souligner le formidable travail réalisé par l’interprete, Mayumi, qui a vraiment permis des échanges très riches avec M Kawabe.

Elle vivait chaque discussion à fond.

Au final, la ligne de la tête a été  affinée

et l’arbre a vraiment adopté un style lettré.

Stage avec M Kawabe, 4ème épisode : les charmes

Le premier charme faisait partie des arbres que j’ai amenés à ce stage. Je l’avais choisi pour faire l’atelier avec M Ijima.

Mais en raison d’ennuis de santé, ce dernier n’a pu être parmi nous.

Ce charme a été prélevé dans une pépinière à moitié abandonnée en mars 2008.

Des engins devaient passer de temps en temps pour rabattre les arbres et délimiter les allées. C’est pourquoi son tronc est abimé.

Au moment du prélèvement, quelques grosses branches ont été enlevées, l’arbre a été planté dans un panier à linge avec de la pumice, de la pouzzolane et des écorces de pin compostées.

Il a poussé tranquillement jusqu’à maintenant.

(J’espère qu’Etienne me pardonnera de lui avoir piqué une photo ? )

M K awabe me conseille de couper certaines branches qui se trouvent dans des creux non pas pour appliquer une règle esthétique mais parce que si je les laisse, lorsqu’elles vont pousser, elles auront tendance à venir combler et donc à faire disparaitre les mouvements du tronc.

(Cette fois c’est à Poï que j’ai emprunté cette photo ;-))

Chaque coupe, chaque cicatrice doit être soigneusement creusée

puis mastiquée.

Un des autres stagiaires a demandé à M Kawabe s’il fallait faire quelques chose pour réparer le trou qui passe de part en part sous le tronc. Personnellement, cela ne me dérange pas car c’est dans la continuité du creux du tronc.

M Kawabe m’a proposé de placer une belle pierre pour combler l’espace.

Lors de la 2ème partie, j’ai coupé plusieurs branches et M Kawabe a posé des ligatures : il place le fil contre la branche sans le poser sur le tronc et il pose la ligature sur la branche en positionnant la branche en même temps contrairement à ce que l’on apprend habituellement.

La branche de droite devra être réduite lorsque quelques bourgeons se seront developpés.

Je continue avec un autre charme issu de prélèvement

Je n’ai pas entendu ce qui a été dit dans la 1ère partie sur ce charme.

Dans la 2ème partie, M Kawabe s’est juste occupé d’une grosse cicatrice.

Stage avec M Kawabe, 3ème épisode : les érables

Tout d’abord, nous nous sommes penchés sur un groupe d’érables (Projet club de l’arbre dans la main)

Le propriétaire de l’arbre a laissé de jeunes pousses se développer à la base de l’arbre. M Kawabe lui conseille de les garder pour former une cépée. La base de l’arbre est trop épaisse pour ne garder que 3 troncs.

Il faut juste ligaturer un peu ces jeunes troncs pour qu’ils forment un groupe homogène. La ligature va se faire avec du gros fil d’aluminium entouré de sopalin pour ne pas blesser l’écorce. Comme le sopalin n’est pas très épais, les spires seront serrées.

Un changement de face est proposé pour mettre en valeur ces jeunes pousses mais, dans ce cas, deux troncs se croisent derrière : dans la nature, une telle situation n’est pas rare : pourquoi s’en priver dans les bonsaï ?

Cet arbre a été créé en fusionnant plusieurs troncs, une cavité s’est formée dans la base. M Kawabe conseille de la remplir de ciment (ciment tout pret vendu en magasin de bricolage) jusqu’à 2mm en dessous du cal de cicatrisation, ensuite recouper finement ce cal pour réactiver la cicatrisation qui va se faire sur le ciment et donc recouvrir le trou.

Il faudra rempoter cet arbre dans pot ovale très grand pour laisser de l’espace autour et suggérer l’idée d’un paysage de plaine.

An printemps, M Kawabe conseille d’enlever la mousse de la surface du pot, afin d’exposer le nebari à la lumière.

Un autre érable a été présenté le lendemain.

De nouveau, M Kawabe a attiré notre attention sur les soin des cicatrices.

On commence par remplir le centre avec du mastic en pâte puis les bords du cal cicatriciel sont recoupés et enduits de mastic liquide afin de ne pas sécher.

     

Stage avec M. Kawabe, 2ème épisode : un genévrier de Phénicie

C’est un genévrier de Phénicie prélevé (avec autorisation) dans les Corbières.

Premier travail : dégager le nebari.

Sur cet arbre, c’était une erreur de recouvrir si haut la base car l’arbre a émis un tas de petites racines alors qu’il en avait déjà d’autres plus fortes en dessous.

Il va donc falloir re-dégager le nebari de l’arbre en éliminant, petit à petit, ces petites racines inutiles.

M Kawabe n’a pas trop aimé non plus la trop forte présence de sphaigne dans le substrat. Il s’agissait en fait d’un mélange mis en place pour aider le prélevement à reprendre mais il retient trop l’eau.

Pour le genévrier, il recommande un mélange pumice et akadama, c’est un substrat qui va offrir beaucoup d’espaces pour retenir de l’air et qui va obliger l’arbre à aller chercher de l’eau et donc à produire beaucoup de racines.

Magré tout, l’arbre est en pleine forme et il est donc possible d’éliminer une grosse partie des branches inutiles

Une fois le bois mort nettoyé, il faut chercher la ligne de tronc.

Il y avait plusieurs possibilités dont une cascade mais le propriétaire a finalement été séduit par un autre côté, et la possibilité de faire un shohin.

Les branches sont positionnées par des ligatures,

en particulier, une petite branche est collée au tronc afin qu’elle si soude et vienne combler un vide.

Il restera au propriétaire à densifier les plateaux et à trouver un joli pot, sans doute carré et évasé pour mettre en évidence la force de l’arbre.

Stage avec M. Kawabe, 1er épisode : le taxus

M Kawabe a choisi un taxus pour commencer le stage.

Son propriétaire nous a fait un petit historique sur le site ParlonsBonsai

Les premiers conseils de M Kawabe furent de couper la tête à la hauteur voulue et d’éliminer les branches superflues. Ce qui fut aussitôt fait.

Ensuite, il a nous a parlé de la forme : double tronc battu par les vents.

L’arbre s’incline vers la gauche dans le sens du vent donc les branches de gauche doivent ête plus longues.

Les branches du petit seront elles aussi plus longues puisqu’elles bénéficient de la protection du grand.

Cette petit branche présentait un mouvement très interessant.

Le tronc principal étant un peu raide, il nous a expliqué comment courber le tronc à l’aide d’un système ingénieux : une barre doit être solidement fixée au pot, au 2/3 de cette barre en partant du bas, on accroche une autre barre horizontale qui va venir appuyer sur le tronc . Pour que cette cale horizontale tienne et ne blesse pas l’arbre, on placera en son extrémité une vis ou un clou dont on aura coupé la tête, cette pointe rentrant dans l’écorce n’est pas dangeureuse pour l’arbre. Un ridoir sera ensuite tendu entre le haut du tronc et le haut de la barre verticale, il permettra d’arquer doucement le tronc.

La ligature doit se faire avec le moins de fil possible, et ce n’est pas utile d’aller jusqu’au bout puisque les extrémités des branches devront être formées pra la taille.

Contrairement à d’autres maîtres japonais enseignant en France, M Kawabe nous conseille de toujours appliquer ce qui se passe dans la nature, à nos propres arbres.

Jean-Denis a donc appliqué les conseils faisant fi des moqueries de certains … son arbre ressemblant parait-il à une goelette …;-D

M Kawabe l’a félicité pour son travail !