Atelier avec Hiromi Tsukuda : 5ème partie et fin

Voici la dernière partie consacrée à l’atelier avec Hiromi Tsukuda. Il s’est penché sur un pin blanc appartenant à Dominique. C’est un pin blanc non greffé venant de la pépinière de Kenichi Abe.
Une des difficultés de cet arbre réside dans une belle branche qui se trouve dans un creux du tronc, elle lui donne une personnalité particulière et Dominique y tient beaucoup.
M Tsukuda a proposé de jouer sur l’inclinaison de l’arbre afin de le rendre plus dynamique.

observation

Vue arrière de l’arbre :

arriere

Nouvelle position :

pin blanc

Voici les détails de quelques ligatures, tout d’abord de la première branche :

ligature

puis de la tête. Aucune branche n’a été coupée, pourtant cette nouvelle tête semble plus légère.

ligature tete

Pour tenir en place une des branches, un hauban est posé.

hauban

On voit ici en détail, l’incision qui a permis de baisser une des branches de la partie gauche.

coupe

Même si l’atmosphère est détendue, lorsqu’il travaille, M. Tsukuda est très concentré.

concentration

Au final, l’arbre est plus dynamique, la nouvelle forme de la tête rend le jin moins agressif.

fin

Nous espérons que M. Tsukuda reviendra animer un atelier dans notre club car nous avons passé avec lui un agréable weekend autour de nos bonsaï.

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Atelier avec Hiromi Tsukuda : 4ème partie

Dans la cadre d’un projet club, nous avons acheté un lot d’érables japonais ayant tous une forme similaire. Angélique a proposé le sien comme sujet de démonstration à M Tsukuda.

 

Début juin, l’arbre est en feuilles, il faut donc commencer par le défolier pour pouvoir travailler dessus. Toutes les feuilles sont donc coupées une à une aux ciseaux en laissant juste un morceau du pétiole.

effeuillage

L’arbre peut maintenant être analysé, M. Tsukuda lui trouve essentiellement deux gros défauts : un manque de conicité et des troncs trop raides.


Il faut donc enlever deux des troncs, c’est l’occasion d’une explication très intéressante sur la cicatrisation.
Pour que de grosses coupes cicatrisent le mieux possible, il faut laisser un tire sève dans le bas de la coupe. La sève en circulant ainsi tout autour de la plaie, va activer la cicatrisation. M. Tsukuda va donc couper la base des deux troncs de façon très nette sur plusieurs centimètres et ne laisser qu’une bande dans le bas. Ils resteront ainsi en place jusqu’à ce que la coupe soit bien cicatrisée.
Il attaque d’abord à la scie

scie

puis continue avec un ciseau à bois

encoche

Cela va permettre à Angélique de poser une marcotte pour pouvoir récupérer les deux troncs qui doivent être enlever.

encoche2

Ensuite, les autres troncs qui manquent de mouvement doivent être coupés au niveau de rameaux qui seront ligaturés pour prendre le relais de la partie coupée,

taille

cela contribuera également à donner de la conicité à ces troncs :

structure

Un dernier point sur cet érable, une des vieilles cicatrices est mal refermée et présente même un creux un peu pourri. Il faut donc assainir cette partie : couper et enlever tout le bois abîmé et reboucher avec de la résine epoxy.

cicatrisation1

Il faut mélanger les deux composants en parts égales

 

on obtient alors une pâte qui va se solidifier et boucher hermétiquement le trou. Ensuite il ne reste qu’à mastiquer le bord vif de la plaie et espérer que l’écorce vienne peu à peu recouvrir la résine epoxy.

fin

Atelier avec Hiromi Tsukuda, 3ème partie.

On revient sur l’azalée qui a été taillée dans la 1ère partie. Il faut maintenant la rempoter car cela n’a pas été fait depuis 2008. Hiromi est obligé de prendre un crochet pour dégager la motte. Pendant ce temps, il nous explique que les racines de l’azalée sont très fragiles et qu’il faut être délicat.

rempotage

Il faut gratter le vieux substrat qui se trouve en dessous, doucement sans arracher les racines.

nettoyage

Il choisit la plus grosse granulométrie de kanuma qu’il utilisera pure.

kanuma

Nous avons essayé plusieurs combinaisons avec les 5 ou 6 pots amenés.

choix

Celui dont la taille et la forme conviendraient le mieux avec le projet final, est pour l’instant trop petit. Il n’est pas possible de réduire la motte en une seule fois .

meilleur

Un pot intermédiaire est donc retenu, il faut alors scier le bloc de racines pour l’adapter au pot.

coupe

Puis, toujours avec délicatesse, il faut continuer de nettoyer et d’éliminer au maximum le vieux substrat avec de fines baguettes en bambou.

4mains

On termine le nettoyage dans une bassine d’eau.

bain

On obtient le résultat suivant :

racines

Quelques coupes sont encore nécessaires afin d’égaliser le nebari ainsi que le dessous de la motte.

taille

Dans le pot, Hiromi place une couche de kanuma et deux fils de ligature.

misenpot

L’arbre peut ainsi être attaché solidement au pot.

fils

Il remplit le pot sans tasser le substrat et sans faire pénétrer les grains avec une baguette comme on le fait habituellement, toujours dans un souci de préserver les racines. Cela nous parait étonnant et donne l’impression que les racines sont presque à nu.

remplissage

Les deux photos suivantes montrent comment a évolué cette azalée depuis l’atelier. Les pousses sont nombreuses et pile au bon endroit ! Un premier nettoyage a été effectué sur celles qui poussaient vers le bas ou dans les creux. Il faut également ôter les branches qui avaient été laissées pour faire des greffes. Ce ne sera pas nécessaire. Le feuillage présente une légère chlorose sans doute parce que l’arrosage a été fait à l’eau de robinet, très calcaire. La citerne est pleine, espérons que l’eau de pluie corrigera ce problème sinon il faudra faire un apport de fer chélaté.
Vue de face :

devant

Vue arrière :

derriere

Atelier avec Hiromi Tsukuda : 2ème partie

Nous allons suivre ici en détails une greffe sur un taxus. Jean-Luc a laissé pousser ce taxus pendant quelques années en pleine terre et en a profité pour réaliser 2 greffes sur cet arbre.
Il est temps maintenant de le mettre en forme :

taxus

Hiromi propose à Jean-luc de réaliser une 3ème greffe afin de réaliser un arbre plus équilibré.
Il pose les ligatures :

ligature

La branche qui va servir à réaliser la greffe est, elle aussi, ligaturée afin de bien tenir en place. Il est très important qu’elle bouge le moins possible.

preparation greffe

 

Voici la mise en forme terminée pour l’instant.

misenforme

Hiromi pratique une entaille à l’aide d’une scie,

entaille

elle mesure 3 cm sur 3 mm environ.

porte greffe

 

Le greffon est ensuite taillé en biseau également sur 3 cm.

greffon

et placé dans l’entaille.

greffe en place

Il est maintenu en place à l’aide de raphia synthétique.

raphia

et solidement fixé à l’aide de 2 punaises placées au dessus et en dessous.

punaises

Il ne reste plus qu’à mastiquer afin de protéger le greffon.
Cela parait si simple !

Atelier avec Hiromi Tsukuda, 1ère partie.

Pour la deuxième fois, Hiromi Tsukuda est venu animer plusieurs ateliers en Europe et c’est avec beaucoup de plaisir que nous l’avons accueilli dans notre club.
Le samedi, nous avons travaillé des arbres de façon individuelle alors que le dimanche nous avons préféré organiser la journée sous forme d’une conférence, accessible à plus de personnes.
Le tour de table a commencé avec Dom qui a soumis un projet de cascade sur un pin blanc.

samedi001

Voici les projets qu’il envisage :
Hiromi délimite 3 zones le long du tronc principal : la première zone qui sera ligaturée pour former la cascade, une partie intermédiaire qui sera nettoyée de sa végétation afin de laisser la lumière accéder à la partie travaillée et enfin une troisième partie qui poussera librement afin de favoriser la circulation de la sève et qui sera coupée plus tard avec la partie intermédiaire quand la cascade sera bien développée.

Ensuite, c’est Eric qui a proposé un pin sylvestre un peu plus élancé.

Hiromi a proposé une idée,

et ayant obtenu le feu vert, a posé les premières ligatures puis a laissé travaillé le propriétaire.

Mayumi, la traductrice, semble effrayée par cette démonstration de force !

samedi031

On reste dans les pins avec un petit prélèvement d’Angélique.

Elle avait du mal à sortir de l’image qu’elle s’était faite en le prélevant. Hiromi lui a proposé deux projets :

Angélique a donc choisi le projet de droite :

C’est ensuite au tour de Michel de présenter un pin rouge :

samedi011

Ce pin a une très belle écorce

La partie supérieure n’a pas été coupée car Michel souhaite la marcotter.

On quitte les pins, pour travailler le Juniperus de Bernard.

Il faut nettoyer, alléger et ligaturer cette longue branche qui forme une semi-cascade. la lumière doit pouvoir pénétrer vers les bourgeons.samedi013

Les détails du tronc sont mis en valeur grâce à une taille et une mise en forme de la partie supérieure.

samedi032

Au tour d’une azalée :

samedi015

Après la floraison, il est possible de réaliser une taille de mise en forme. Cette grosse boule de fleurs en a besoin !
Pour la plus part des arbres, Hiromi a proposé son idée via un dessin :

samedi024

 

La taille est drastique !

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Ses ligatures nous ont surpris car elles sont courtes et serrées, cela lui permet de donner plus de mouvement et d’éviter la casse, surtout pour les azalées qui sont très fragiles.

samedi018

Frédéric propose ensuite un Juniperus rudimentaire qui n’a pas fait fuir Hiromi.

samedi019

Il pose les grosses ligatures et expliquera ensuite à Frédéric comment bien ligaturer le reste.

Voici le projet :

On termine le tour avec deux azalées de Régine et d’Arlette :

Là encore, la taille est sévère mais cela a fait le bonheur de celles et ceux qui sont repartis avec des boutures.

Ces deux belles azalées ont des feuilles fines et des fleurs de petites tailles.

Cet atelier nous a vraiment apporté beaucoup de satisfaction, M Tsukuda s’est montré très ouvert, désireux de partager et n’a pas hésité pas à répondre à toutes nos questions.
Mais il faut souligner que ce dialogue n’aurait pas été possible sans la présence très efficace de Mayumi. Merci !
Suite au prochain épisode …

Atelier avec M. Tsukada à Arras : un épicéa

Cet arbre est un prélèvement et appartient à Eda depuis quelques temps.

M. Tsukada a réfléchi quelques minutes

 et a proposé deux projets : le premier en gardant toute la partie haute qui est malheureusement un peu raide

et un deuxième, plus dynamique, où cette partie haute serait transformée en jin.

Eda a choisi la deuxième solution,

aussitôt M Tsukada s’est mis à l’ouvrage, nettoyant enlevant une grande partie du feuillage.

Nous étions étonnés car nous ne pensions pas que l’on pouvait travailler un épicéa à cette époque.
Il nous a rassuré en nous disant que l’arbre avait bourgeonné et qu’il était donc possible de le mettre en forme partiellement.
Il a senti qu’Eda était un peu tendu de voir son arbre travaillé aussi vite et l’a gentiment « mis en boite ».

Il n’a d’ailleurs pas totalement dénudé le futur jin.

Ensuite il a mis en place les charpentières.

Sa première ligature était particulière : il a placé un premier fil puis il a dit qu’il devait en mettre un deuxième mais il ne l’a pas collé au premier en nous expliquant qu’ainsi la ligature serait plus efficace.

Les spectateurs étaient attentifs.

Par contre, pour ligaturer la première branche, il a collé ses deux fils.
Cette première branche devra également fournir une masse arrière, la mise en place a été délicate. Plusieurs fois Eda a pâli, ce qui a bien fait rire M. Tsukada.

On a pu comparer l’original avec le projet.

L’arbre n’ a été qu’esquissé, il restera encore du travail à Eda : déligaturer et religaturer car un épicéa met un certain temps avant de rester en place, densifier les plateaux, former les jins ….

Atelier avec M. Tsukada à Arras : une azalée

Depuis 5 ans, Etienne Pesin a créé un club à Arras. Je vous invite à découvrir son site : Arras Bonsaï Club.

Il a eu la gentillesse de m’inviter à suivre un atelier le 13 mai.

J’y ai découvert 6 élèves studieux sous la direction d’un maître japonaise très sourillant et détendu.

J’ai pu suivre le travail complet de deux arbres, je vais commencer aujourd’hui avec une azalée, et je continuerai plus tard avec un épicéa.
Cette très belle azalée appartient à un bonsaika que vous connaissez sans doute : Toche.

Il a commencé par expliquer son projet à M Hiromi Tsukada avec l’aide de la traductrice Dominique.

et hop ! ce dernier a pris la scie … ( Il a été si vite que je n’ai pas eu beaucoup de temps pour soigner mes photos ! )

une branche en bas…

une branche en haut, elle était en opposition avec une autre branche.

Ensuite chaque branche a été débarassée d’une grande partie de ses pousses pour ne garder que les terminales, celles qui vont l’aider à s’allonger et à se fortifier.

Voila l’arbre presque fini, il ne reste plus qu’à retravailler les coupes pour qu’elles suivent le tronc.

sous un autre angle …

Nous avons tous été bluffés par la vitesse et la dextérité du maître.