Fabrication d’un daïza ( 1ère partie )

Je vous ai montré, il y a quelques temps, une pierre que j’ai achetée à la kokufu en février. Cette pierre a besoin d’un daïza, c’est à dire un support en bois pour pouvoir être exposée.

J’ai commencé par feuilleter des catalogues, par visiter des sites pour trouver des modèles et j’ai dessiné mon projet. Je souhaite faire quelque chose de très sobre car cette pierre évoque une simple cabane.

J’ai en réserve quelques morceaux de bois de fruitiers que l’on m’a gentiment offert, c’est un bois clair et facile à travailler.

La première étape se fait à la gouge pour délimiter l’emplacement de la pierre dans le morceau de bois en faisant attention au sens des veines.

Une fois que la pierre est bien logée, je scie un parallélépipède qui sera ensuite affiné petit à petit à l’aide d’une dremel.

Voila où j’en suis pour l’instant.

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Fabriquer un daïza

Voici les différentes étapes que j’ai suivies pour essayer de fabriquer un daïza.

Je suis partie d’un morceau de bois de fruitier et j’étais « armée » de gouges et d’une dremel.  Ma fabrication est loin d’être conventionnelle mais je suis quand même satisfaite du résultat.

La première tache consiste à loger parfaitement la pierre dans le morceau de bois.

J’ai utilisé un cube de bleu de billard : j’en mettais sur la pierre, je posais la pierre sur le bois puis j’éliminais petit à petit les endroits où le bois était coloré.

Ce qui donne de très jolis copeaux !

Une fois la pierre bien positionnée dans le socle, il faut affiner les bords du daïza puis dessiner des pieds sous les points forts de la pierre.

Une fois la forme souhaitée obtenue, je me suis contentée de teinter le bois et de le cirer.

face a  et face b :


Les suiseki

N’avez vous jamais ramassé une pierre, lors d’une balade, parce que sa forme évoquait un paysage ou un animal ?

Si vous aviez “élevé” votre pierre selon les règles du Yôseki, elle aurait acquis une patine et le droit à l’appellation de suiseki.

A l’origine, en Chine, les pierres étaient collectées pour venir décorer les jardins des palais. Les pierres les plus appréciées étaient celles ayant des formes fantastiques, pleines d’anfractuosités.

Quelques siècles plus tard, les suiseki sont arrivés au japon. ils deviennent alors une forme d’art et ont pour but de suggérer une scène naturelle. Ils sont très souvent exposés avec les bonsaï.

Pour passer de l’état de vulgaire pierre a celui de suiseki, il faut suivre l’une des deux voies suivantes pendant quelques dizaines d’années :

La voie humide,  elle est alors placée à l’extérieur, à l’abri du soleil direct, et sera arrosée régulièrement d’eau non calcaire.

La voie sèche, elle est alors placée à l’intérieur et sera régulièrement frottée d’un chiffon doux puis entre les mains afin que le sébum de la peau la lustre.

Après ce traitement et lui seul ( ni taille , ni sculpture ), les pierres obtiennent des qualités essentielles : sabi, wabi et Yugen, et peuvent alors être exposées en tant que suiseki soit sur un daiza, petit socle en bois adapté aux contours de la pierre, soit sur un suiban, plateau très plat contenant du sable pour symboliser une plaine autour d’une montagne ou de l’eau pour symboliser la mer autour d’une île.

Les suiseki les plus recherchés sont les plus simples, de couleur sombre, issus de roches dures. Les différents éléments doivent être contrastés mais harmonieux ; équilibrés mais asymétriques. L’idéal étant d’avoir des oppositions : rugueux/lisse, sombre/clair, vertical/horizontal.

Les trois notions sabi, wabi et yugen sont difficiles à traduire en français, c’est à la fois la patine laissée par le temps qui passe, la solitude, la mélancolie, l’élégance discrète et naturelle …

«  Un bon suiseki a le pouvoir de représenter aux yeux de l’homme, sur quelques centimètres, la terre entière et le cosmos » Arishige Matsuura